1. Définir ce que le poste exige vraiment

Avant l’entretien, choisissez les situations que le futur collaborateur devra gérer. Un commercial chargé de prospecter des artisans autour de Nancy n’a pas exactement la même mission qu’un vendeur qui reçoit des demandes de particuliers à Metz. L’intitulé du poste ne suffit pas : précisez la clientèle, l’origine des contacts, le territoire et le niveau d’appui technique.

Dans le bâtiment, l’habitat et l’énergie, distinguez notamment la capacité à expliquer une offre de la capacité à valider une solution technique. Qui réalise l’étude ? Qui chiffre ? Qui confirme les délais ? Le candidat doit pouvoir identifier les limites de son rôle, sans improviser une réponse pour donner l’impression de tout maîtriser.

Retenez ensuite quelques compétences prioritaires. La grille proposée ci-dessous est une trame de travail originale du cabinet, pas un test psychométrique validé ni un outil capable de prédire les ventes.

2. Poser des questions qui appellent des faits

Une réponse générale comme « je suis persévérant » reste difficile à apprécier. Demandez un exemple, puis clarifiez le contexte, l’action personnelle et ce que le candidat en a retenu. Voici cinq questions à adapter :

  • Préparation : comment avez-vous préparé un premier rendez-vous avec un client que vous ne connaissiez pas ?
  • Découverte : racontez une situation où vos questions vous ont conduit à modifier la proposition initialement envisagée.
  • Objection : face à un client qui hésitait sur le prix, qu’avez-vous cherché à comprendre avant de répondre ?
  • Suivi : comment décidiez-vous qui relancer, à quelle date et avec quel objectif ?
  • Recul : décrivez une vente non conclue. Que feriez-vous différemment aujourd’hui ?

Invitez la personne à anonymiser ses exemples : aucun nom de client, fichier commercial ou document confidentiel d’un ancien employeur n’est nécessaire. Pour un débutant, une expérience de stage, de projet ou de relation client peut servir de point de départ ; ne lui demandez pas artificiellement un historique de ventes qu’il n’a pas.

3. Proposer une courte mise en situation, sans piège

Exemple entièrement fictif : un particulier de l’agglomération messine étudie un projet de rénovation. Il a reçu une proposition et répond : « J’ai une autre offre moins chère, je vais réfléchir. » Le candidat dispose d’une fiche présentant l’offre fictive, ses limites et les informations déjà recueillies. Son objectif n’est pas d’obtenir une signature à tout prix, mais de comprendre l’hésitation et de convenir d’une suite adaptée.

Donnez quelques minutes de préparation, puis jouez le client. Observez si le candidat demande ce qui est comparé, vérifie les priorités, reformule et propose une prochaine étape. S’il manque une information technique, il peut expliquer comment il la fera vérifier. Une promesse improvisée ne doit pas être récompensée simplement parce qu’elle sonne bien.

Pour un poste BtoB, remplacez le particulier par le responsable d’une entreprise et introduisez, si cela correspond au poste, plusieurs participants à la décision. Gardez un scénario commun pour les candidats au même emploi, avec un niveau de difficulté comparable et les adaptations nécessaires. L’exercice reste fictif : il ne sert pas à faire prospecter gratuitement de vrais clients.

4. Utiliser six repères d’observation

Notez ce que la personne fait ou dit, plutôt qu’une impression comme « bon profil ». Pour chaque repère, indiquez observé, à approfondir ou non observé, puis un fait précis :

  • Découverte : explore les besoins, contraintes et critères de décision avant de proposer.
  • Écoute : reformule et vérifie sa compréhension, sans couper systématiquement la parole.
  • Argumentation : relie un bénéfice de l’offre à un besoin réellement exprimé.
  • Objections : cherche la raison de l’hésitation avant de défendre le prix ou d’évoquer une remise.
  • Prochaine étape : propose une action claire, avec l’accord du client, sans pression artificielle.
  • Organisation : sait résumer les informations utiles et prévoir une relance cohérente.

« Non observé » ne signifie pas « incapable » : le scénario n’a peut-être pas permis d’exprimer la compétence. Complétez par une question ou un second exercice ciblé. Si plusieurs personnes évaluent, faites d’abord rédiger les observations individuellement, puis confrontez les faits. Évitez de transformer une note globale en décision automatique.

5. Informer le candidat et protéger ses informations

Le Code du travail prévoit que le candidat soit averti avant l’utilisation des méthodes d’aide au recrutement. Celles-ci doivent être adaptées à leur objectif, et leurs résultats rester confidentiels. Présentez donc l’exercice avant sa réalisation, ce qu’il cherche à observer et son déroulement. [1]

La CNIL rappelle que les données recueillies doivent être nécessaires au recrutement, accessibles aux personnes habilitées et conservées pendant une durée définie et justifiée. Informez le candidat de leur utilisation et de ses droits. Gardez des notes professionnelles factuelles, sans questions sur sa vie privée ni jugements sans lien avec le poste. [2]

Ces repères ne constituent pas un audit de conformité de votre procédure. Pour un dispositif particulier, faites vérifier les modalités avec vos interlocuteurs RH, protection des données ou conseil juridique.

6. Relier l’évaluation à la décision et à l’intégration

Terminez par un échange avec le candidat : comment a-t-il compris la situation ? Que changerait-il après ce premier essai ? Cette restitution aide à comprendre son raisonnement, sans effacer les observations recueillies.

Votre synthèse peut tenir en trois parties : compétences étayées par des faits, points restant à vérifier et accompagnement à prévoir. Croisez ces éléments avec les exigences du poste et l’ensemble des entretiens. Une bonne prestation ponctuelle ne garantit pas les performances futures ; une hésitation isolée ne résume pas non plus les capacités d’une personne.

Après l’embauche, utilisez les priorités identifiées pour préparer le parcours d’intégration commerciale sur 30 jours. Vous pourrez ensuite travailler une difficulté précise dans le cadre d’un coaching commercial de terrain, en tenant compte des moyens fournis par l’entreprise.

Faire évaluer un candidat commercial dans le 54 ou le 57

Vous avez déjà identifié un candidat et souhaitez approfondir ses compétences ? WR CONSULTING propose une évaluation commerciale fondée sur des comportements observés, avec entretien, mise en situation et restitution. Pour un besoin plus large, découvrez notre approche du recrutement commercial à Metz, Nancy et en Lorraine.

Pour préparer l’échange, apportez votre fiche de poste et deux situations concrètes que la personne devra gérer. Côté candidat, vous pouvez consulter les questions utiles pour choisir un poste commercial et préparer des exemples professionnels anonymisés. L’entretien doit permettre aux deux parties de comprendre le travail envisagé.

Sources et repères

  1. Légifrance — Code du travail, article L1221-8

    Règles françaises relatives aux méthodes d’aide au recrutement, à l’information préalable et à la confidentialité des résultats. Version en vigueur depuis le 1er mai 2008, consultée via le texte indexé de Légifrance le 19 octobre 2026 ; aucun résultat commercial local n’en est déduit.

  2. CNIL — Le guide du recrutement

    Publié le 30 janvier 2023, consulté le 19 octobre 2026. Repères nationaux sur les données personnelles des candidats, notamment fiches 5 à 9 ; ils concernent le recrutement en général, et non uniquement les commerciaux du 54/57.

Article original de WR CONSULTING. Les données de marché sont attribuées aux sources indiquées ; les conseils pratiques constituent l’analyse du cabinet. Les références citées n’impliquent aucun partenariat.

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